
Adeline Hazan
Six mois de mandat municipal, c’est bien sûr un peu faible pour faire un bilan ; mais à quelques jours de la présentation de son premier Budget Supplémentaire, il est intéressant de constater les signes donnés par cette nouvelle Municipalité.
Sur le fond, rien de nouveau n’est apparu, nous sommes sur la continuité des grandes actions lancées précédemment : fin du Stade, développement des travaux liés au futur tramway, fin des travaux rue Buirette…
Tout est dans la forme : Adeline Hazan communique, au travers d’actes symboliques.
- Gratuité de l’accès au parc de Champagne : plutôt un bon signe pour un un parc municipal, mais un signe qui a un coût de plus de 100.000 euros par an.
- Augmentation forte des indemnités des élus : sûrement justifiés mais qui va coûter quelques dizaines de milliers d’euros chaque année et un mauvais signe en période de difficultés de pouvoir d’achat.
- De considérables travaux dans les bureaux du Maire et de ses collaborateurs, pas forcément utiles (on en attend le coût exact). Au-delà du coût se pose déjà la question de fond du fonctionnement de la nouvelle équipe.
La Maire s’appuie visiblement sur deux pôles très puissants :
- Un Cabinet très lié au Parti Socialiste, c’est un choix ; le personnel de ce cabinet est très présent, très actif et très orienté, déjà, vers les futures échéances électorales et l’image nationale d’Adeline Hazan.
- Le deuxième pôle est composé de trois élus, liés de longue date à la nouvelle Maire et cumulant les délégations les plus stratégiques.
Ces deux groupes concentrent influence et pouvoir, tout leur est soumis, Madame la Maire agit en arbitre et les autres élus font ce qu’ils peuvent pour exister.
Les fonctionnaires municipaux sont désarçonnés par ce fonctionnement, ils ne savent pas qui décide vraiment, cherchent des répères, craignent pour leur avenir soumis à un audit bien mystérieux.
Autre acte symbolique : organiser une réflexion sur Reims en… 2030 !!
Sans caricaturer à l’extrême, parce qu’il est toujours indispensable de réfléchir à long terme, il n’en reste pas moins vrai que cette équipe a été élu pour gérer la Ville jusqu’en 2014.
Que va-t-il se passer ? Entre concours, réflexions, débats, colloques, concertations, validations des grandes lignes et de leurs déclinaisons, cette démarche va permettre d’occuper le terrain. Le temps des débuts de commencement de projets concrets nous amènera bien jusqu’en 2013, année électorale.
Bien sûr, en 2013, le projet électoral d’Adeline Hazan sera celui issu de cette longue et passionnante réflexion.
C’est à la fois très intelligent et très pratique.
Que se passera-t-il d’ici là ?
Deux choses :
- On se préoccupera de gérer les travaux du Tramway et de sa mise en place prévue en 2011.
- Et on nous expliquera, pas plus tard qu’au Conseil Municipal du 22 septembre que l’on ne pourra pas appliquer le programme de la campagne électorale pour cette mandature parce que la Municipalité précédente a tout fait, ou presque, et évidemment trop dépensé.
C’est vrai qu’entre les deux Médiathèques, la Cartonnerie, le Stade, le financement du TGV, le deuxième René Tys, la rénovation de Wilson, la moitié des voieries, l’embellissement du cœur de ville,la création d’un nouveau parvis pour la Cathédrale et je ne peux pas tout citer, on a bossé pour l’équivalent de deux mandats !!
Autant dire qu’à part la réfection du batiment des Halles du Boulingrin dont le dossier était quasi ficelé, on ne va pas voir grand-chose pendant les cinq ans qui viennent.
Je crois que ceux, dont je suis, qui comptaient sur un Nouveau Musée des Beaux Arts au Boulingrin vont être amers.
Après l’intégration du Marché sous la Halle, on risque de voir l’espace libéré, vide pendant longtemps !!
La marge de manœuvre est simple pour cette Municipalité, durer en communiquant, trouver d’autres congrès du PS et communiquer encore et communiquer toujours : les Rémois s’en contenteront ils ?