Un pôle de compétitivité Industries et Agro-Ressources, pour quoi faire ?
Les régions françaises ont été invitées à se mobiliser et à s’unir pour qu’émergent des pôles de compétitivité dans un domaine d’excellence. Une spécialisation qui doit s’appuyer sur des ressources existantes, des compétences industrielles, de la matière grise, une véritables synergie politique régionale ou inter régionale. Sur des critères de compétitivité couplés aux nouvelles règles d’un développement durable, chaque pôle doit viser une réputation internationale. La Champagne-Ardenne et Picardie ont proposé la création d’un pôle «Industries et Agro Ressources».
Pourquoi ? Parce que nos régions sont particulièrement riches dans le domaine du végétal: céréales, luzerne, betterave, oléagineux, chanvre, raisin, bois, composent nos paysages où sont implantées en outre des entreprises, grands groupes ou PME. Parce que tous les composants de la plante peuvent servir de nouveaux marchés inscrits dans le développement durable. Développement durable, ça veut dire que ces marchés répondent aux nouvelles exigences de la société en matière d’environnement et de lutte contre le changement climatique. Des marchés liés à la cosmétiques, la chimie, l’emballage, l’automobile, le lubrifiant, l’énergie ou l’agro alimentaire.
Une raffinerie végétale
Parce que nos ressources végétales offrent une alternative au pétrole. L’utilisation des végétaux apporte également une réponse aux engagements pris pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Alors que les besoins en énergie ne cessent de croître, tandis que les réserves pétrolifères baissent entraînant une inflation galopante, le pôle de compétitivité «Industries et Agro Ressources» cible son développement sur les produits émergents issus de toute la plante dans les domaines énergétiques ou moléculaires pour l’industrie.
Nouveaux débouchés
Le principe du pôle de compétitivité est de réunir les compétences et les techniques dans toutes les étapes d’un projet innovant, depuis le laboratoire jusqu’au produit industriel. Cette démarche doit répondre à trois attentes: celles du monde industriel en quête de produits compétitifs, celles des mondes agricole et viticole en quête de nouveaux débouchés et enfin celles des consommateurs soucieux de préserver l’environnement et de limiter leur dépendance énergétique.
L’utilisation des agro-ressources selon un concept de raffinerie végétale, c’est la garantie de nouveaux débouchés dans le non alimentaire, de nouvelles entreprises, de nouveaux emplois. Les programmes de recherche qui lui sont associés s’inscrivent dans le développement durable. La production dans nos régions de solvants, d’huiles et de biocarburants peut aider le pays tout entier à lutter contre le changement climatique et la dépendance énergétique.
Cristanol à Bazancourt
Dans cette perspective, nos régions composant un futur grand bassin de recherche et de fabrication de produits industriels à partir de la transformation des plantes, devraient acquérir une renommée internationale à l’horizon 2015.
Les volontés et les compétences conjuguées des entreprises, des centres de formation et de recherche publiques et privées, des partenaires sociaux économiques et politiques sont le fondement du pôle de compétitivité qui porte déjà de multiples projets comme: «Novanol» (valorisation du lin), «Oliv et Elicitation» (stimulation des défenses naturelles des plantes), «Chanvre» (plasturgie en substitution des fibres de verre), «Fibres diététiques» (extraits du blé comme alicament). Et puis bien sûr, dans le domaine des biocarburants, Ethanol et diester. Le projet Cristanol est sur les rails à Bazancourt. Il va permettre de produire en transformant du blé et des betteraves 120.000 tonnes d’éthanol dès 2008 et 280.000 tonnes par la suite.